Il s’est assis à côté d’elle Dans le sable chaud Leurs genoux se touchaient à peine Malgré le soleil Ils avaient un peu froid La mer elle-même Paraissait aujourd’hui Plus agitée qu’hier C’était l’heure Délicieuse et fragile De leurs premiers émois Ils n’avaient que seize ans Et cherchaient des mots simples Qu’ils ne trouvaient pas…
L’ EDUCATION DU GARÇON DE CAFE Garçon deux demis Sans trop de mousse Ou alors un entier Bien frappé Par la jolie rousse Qui se trémousse Derrière le comptoir Vous apporterez Aussi des étoiles Pour orner le ciel Beaucoup trop noir Pour la saison Garçon Garçon Pourquoi cette mine Sinistre Morose Allons jeune homme Un…
Ne vous penchez pas autant La tête en avant Accrochez-vous plutôt A mon long bastingage S’exclame le bateau Prudence Prudence Dit la sirène blonde Née du milieu du monde Au coeur de l’océan Tirez sur l’ambulance S’écrie le guetteur
Le ciel va bientôt Mourir de froid L’heure avance La lumière décroît Les mouettes seules Se rient de l’eau glaciale Mélusine à mes côtés Frissonne tout juste un peu Elle pointe du doigt La ligne d’horizon Tandis que j’attire son attention Sur l’herbe enneigée
Voici venue l’heure Où les corps s’abandonnent Dans les bras de la nuit Et dans les draps remplis De tous les silences Du monde réunis
Il pleut des cris de mouettes Sur les vaguelettes De la mer qui s’endort En atteignant la plage Déserte à cette heure D’un matin d’hiver Qui endeuille la digue La ville Les dunes Et les polders
Non ce n’est pas la mer à boire Il n’y a vraiment pas lieu De te faire du souci De t’inquiéter De broyer du noir Contente-toi de fixer La ligne d’horizon A l’endroit où le ciel Manifeste l’intention D’épouser l’océan
Peut-être suis-je ici A cause du désert Solitaire Comme la pierre Tombée du rocher
Vais-je lui dire la douleur des yeuxRivés à jamais sur de faux horizons Vais-je lui dire les fêlures du coeurQue la vie déracine
C’est le chagrin qui se dérobe Qui engage le poète A passer par la porte Du jardin de sa restauration On doit passer un pont D’abord Elégamment On soulève son chapeau Pour saluer les demoiselles Et aérer le cerveau